Je rebondis sur ce que me disait Greg dans un fil que nous avons détourné de son sujet :
<< Tu dérailles PARISIEN. La pseudonorme septentrionale — dans sa version clergé médiatique — est surreprésentée dans tous les secteurs de l'audiovisuel. Ce que tu appelles « accents méridionaux » sont en fait une multitude de phonologies méridionales, aussi distinctes entre elles que peut l'être celle d'un Nantais par rapport à celle d'un Messin. L'ensemble des phonologies méridionales ne forme pas une minorité mais une pseudonorme, à l'égal de la pseudonorme septentrionale. Va falloir t'y habituer : ça fait des siècles que ça dure ! >>
-- Je ne hais point l'accent (ou les accents) du Midi, ça fait toujours partie du bonheur du voyage quand il vous tombe dessus, sans transition, à peine arrivé à Montélimar (voire d'un village à l'autre du côté de Limoges), mais...
Bon, la phonétique française a une norme, à mon avis mal défendue par les médiats français (alors que la BBC tend encore à mettre en avant une forme d'anglais considérée comme plus corecte), et j'ai du mal à me faire à la perte des distinctions entre 'bosse' et 'Beauce', 'patte' et 'pâte', 'près' et 'pré', 'L'Ecosse' et 'Les Causses', 'Bonn' et 'Beaune' etc.
Ces distinctions sont parfois illogiques, certes (pourquoi le 'o' long fermé de 'fosse' et celui bref ouvert de 'bosse'?...), mais consacrées par l'usage et contribuent à éviter des ambigüités.
Il y a aussi des accents très typés dans la plus grande partie de la France : le très célèbre 'chti', l'accent paysan de l'Ouest, celui bourguignon-morvandiau, celui bien particulier du Bugey etc. Mais à la différence de ceux du Midi, ils sont un marqueur social (comme en Angleterre) : les classes populaires ne parlent qu'eux, les classes supérieures l'évitent, les classes intermédiaires savent passer de l'un à l'autre en fonction de l'interlocuteur. Mais les médiats régionaux évitent absolument de le mettre en avant. Un candidat maire ou député l'utilisera volontiers dans sa campagne électorale, mais pas dans l'exercice de ses fonctions.
Rien de tel dans le Sud, où l'accent est interclassiste, prévalent à tous les niveaux et dans toutes les situations sociales. Il n'est pas un code comme un autre, il est une donnée permanente. D'où sa stabilité.
<< Va falloir t'y habituer : ça fait des siècles que ça dure ! >>
— Je sais ! Mais une conclusion adventice qu'on peut en tirer est que si le Midi a conservé après un demi-millénaire de familiarité avec le français un accent aussi fort qu'au premier jour, il est IMPOSSIBLE d'imaginer qu'on y soit passé en quelques siècles du gaulois au latin, puis du latin au vieil-occitan.
Argument supplémentaire en faveur de la stabilité intrinsèque des langues.
<< Tu dérailles PARISIEN. La pseudonorme septentrionale — dans sa version clergé médiatique — est surreprésentée dans tous les secteurs de l'audiovisuel. Ce que tu appelles « accents méridionaux » sont en fait une multitude de phonologies méridionales, aussi distinctes entre elles que peut l'être celle d'un Nantais par rapport à celle d'un Messin. L'ensemble des phonologies méridionales ne forme pas une minorité mais une pseudonorme, à l'égal de la pseudonorme septentrionale. Va falloir t'y habituer : ça fait des siècles que ça dure ! >>
-- Je ne hais point l'accent (ou les accents) du Midi, ça fait toujours partie du bonheur du voyage quand il vous tombe dessus, sans transition, à peine arrivé à Montélimar (voire d'un village à l'autre du côté de Limoges), mais...
Bon, la phonétique française a une norme, à mon avis mal défendue par les médiats français (alors que la BBC tend encore à mettre en avant une forme d'anglais considérée comme plus corecte), et j'ai du mal à me faire à la perte des distinctions entre 'bosse' et 'Beauce', 'patte' et 'pâte', 'près' et 'pré', 'L'Ecosse' et 'Les Causses', 'Bonn' et 'Beaune' etc.
Ces distinctions sont parfois illogiques, certes (pourquoi le 'o' long fermé de 'fosse' et celui bref ouvert de 'bosse'?...), mais consacrées par l'usage et contribuent à éviter des ambigüités.
Il y a aussi des accents très typés dans la plus grande partie de la France : le très célèbre 'chti', l'accent paysan de l'Ouest, celui bourguignon-morvandiau, celui bien particulier du Bugey etc. Mais à la différence de ceux du Midi, ils sont un marqueur social (comme en Angleterre) : les classes populaires ne parlent qu'eux, les classes supérieures l'évitent, les classes intermédiaires savent passer de l'un à l'autre en fonction de l'interlocuteur. Mais les médiats régionaux évitent absolument de le mettre en avant. Un candidat maire ou député l'utilisera volontiers dans sa campagne électorale, mais pas dans l'exercice de ses fonctions.
Rien de tel dans le Sud, où l'accent est interclassiste, prévalent à tous les niveaux et dans toutes les situations sociales. Il n'est pas un code comme un autre, il est une donnée permanente. D'où sa stabilité.
<< Va falloir t'y habituer : ça fait des siècles que ça dure ! >>
— Je sais ! Mais une conclusion adventice qu'on peut en tirer est que si le Midi a conservé après un demi-millénaire de familiarité avec le français un accent aussi fort qu'au premier jour, il est IMPOSSIBLE d'imaginer qu'on y soit passé en quelques siècles du gaulois au latin, puis du latin au vieil-occitan.
Argument supplémentaire en faveur de la stabilité intrinsèque des langues.